La chenille processionnaire du pin

Le cycle biologique de la chenille processionnaire du pin

Cycle biologique simplifié au cours de l'année.

La période à risque pour la santé correspond au stade "chenilles", la période la plus élevée étant au moment des processions (risques de contact avec l'homme et les animaux).

 

Des risques pour la santé

Les poils microscopiques de ces chenilles présentent des propriétés urticantes et peuvent être à l’origine d’atteintes cutanées, oculaires, respiratoires ou allergiques chez les personnes exposées.

Ces effets sur la santé n’impliquent pas nécessairement un contact direct avec les insectes : les poils peuvent rester présents à proximité des nids et être urticants, même quand les chenilles ne sont plus présentes.

Le danger augmente au fur et à mesure du développement des chenilles, la période à risque la plus élevée étant la période des processions en début d’année.

 

 

 

Prévenir le risque pour la santé

Les premières mesures de prévention consistent à limiter l’exposition à ces poils microscopiques :

  • Eviter de rester sous ou près des arbres colonisés, ne pas toucher les chenilles ni les cocons.

  • Ne pas laisser jouer les enfants à proximité d’un arbre atteint. Les munir de vêtements à longues manches, de pantalons.

  • Eviter de faire sécher du linge sous les arbres contenant encore des nids.

  • Ne pas utiliser du linge (serviette, vêtement) qui a été posé au sol, veiller au rangement du linge à l’abri des contaminations.

  • Arroser soigneusement les zones concernées de manière à faire disparaître dans le sol les poils urticants et réduire ainsi les risques de contact avec les enfants.

  • Ne pas se frotter les yeux en cas d’exposition.

 

En cas d’exposition ou de doute d’exposition aux poils de chenilles, prendre une douche et changer de vêtements. En cas d’irritation cutanée ou oculaire, de troubles respiratoires, et notamment pour les personnes allergiques et / ou asthmatiques, consulter rapidement un médecin ou un pharmacien et en cas d’urgence appeler le 15.

Vos animaux sont également sensibles aux poils urticants des chenilles et peuvent être gravement touchés. Eloignez-les des zones colonisées par ces chenilles.

 

Une lutte collective expérimentale sur l'hiver 2016/2017.

Une lutte collective expérimentale est mise en place dans le département de la Manche sur l’hiver 2016/2017, par la FDGDON de la Manche, avec le soutien de l’Agence Régionale de Santé de Normandie.

Cette lutte collective expérimentale est reconduite sur l'hiver 2017/2018.

 

 

La lutte contre les chenilles processionnaires du pin.

L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) préconise 2 niveaux de gestion du risque, étant donné que l’éradication totale des chenilles processionnaires du pin n’est pas possible :

Une tolérance zéro sur les sites à forte fréquentation humaine (cours d’école, parc fréquenté, allée touristique…) où l’éradication doit être visée par la combinaison des différentes techniques de lutte.

Une réduction des populations sur les autres sites, où un faible niveau de populations de chenilles peut être accepté par les gestionnaires et les riverains, en associant des méthodes préventives et curatives, au cas par cas.

 

 

Deux techniques curatives sont couramment utilisées, voire combinées, pour lutter contre les chenilles processionnaires du pin en période hivernale :

 

La pose d’écopièges

Ecopiege2

Crédit photo : "FDGDON 50".

Principe

C’est une lutte simple, écologique, et permanente. Un collier guide les chenilles dans un sac.

Comment cela fonctionne ?

L’écopiège est un système de collecte des chenilles lors de la procession. Il est fixé sur le tronc des pins contaminés.

Il permet d’éviter que les chenilles descendent au sol, limitant les contacts et les risques sanitaires, et agissant sur les populations de chenilles.

Est-ce adapté ?

Le piège s’installe sur les troncs de pins en décembre, voir janvier, avant la procession. Ce dernier est découpé en fonction de la circonférence de l’arbre, permettant ainsi d’être adapté à une large palette de diamètres. Cette technique peut être utilisée en complément de l’échenillage en cas de forte colonisation.

Comment dois-je procéder ?

Je dois identifier mes besoins en comptabilisant le nombre d’arbres atteints. Je dois mesurer leur circonférence des troncs (à 2m de hauteur), et ajouter pour chaque arbre une longueur de 20cm environ (le collier doit être plus long pour assurer l’étanchéité). Par addition, j’obtiens la longueur totale des colliers nécessaire. Je peux passer une commande auprès d’un fournisseur ou me renseigner en mairie pour des commandes groupées.

J’installe les pièges conformément aux recommandations du fabricant (notice fournie) et j’élimine les sacs contaminés de façon adaptée.

Procédure, préconisations et vidéo de démonstration :

Le fabricant des kits "écopièges" a réalisé différents documents à l'attention des utilisateurs.

Notice pour l'identification des besoins : Fiche diagnostic écopiègesFiche diagnostic écopièges (520.61 Ko)

Notice de montage de l'écopiège : fournie dans le kit.

Vidéo de montage de l'écopiège (vidéo de 5min35) : video de montage ecopiege ici

A toute fin utile, les utilisateurs peuvent retrouver des préconisations et conseils sur le site internet du fabricant.

 

 

 

 

L’échenillage

Crédit photo : "FDGDON 50".

Principe

Cela consiste à détruire les cocons de chenilles, par la coupe des branches, en hiver.

Comment cela fonctionne ?

Le principe est de couper les branches où sont installés les cocons (où sont présentes les chenilles) et de procéder à leur destruction par le feu, de façon sécurisée. Cela demande le port d’équipements de protection adaptés, contre l’urtication et le feu (utilisation d’un incinérateur).

Est-ce adapté ?

Cette technique est possible sur des pins de faible hauteur. Il faut donc pouvoir accéder aux cocons, et ce en toute sécurité.

Il peut être nécessaire d’utiliser du matériel de travail en hauteur, et les personnes doivent être formées et agréées à cet effet.

Comment dois-je procéder ?

Si les branches sont accessibles et ne présentent pas de risque lié à l’accès et la hauteur : je peux moi-même procéder à la coupe des branches et à l’incinération.

Attention : je dois porter les équipements de protection individuelle adaptés (voir la fiche technique sur l’échenillage).

Si les branches ne sont pas accessibles en toute sécurité, je dois faire appel à une entreprise spécialisée et agréée pour le travail en hauteur.

Dans tous les cas, je consulte la fiche spécifique de l’échenillage détaillant la technique et les prescriptions de sécurité liées à cette intervention.

 

D’autres techniques de lutte existent, et sont complémentaires :

Le piège à phéromones permet la capture des papillons mâles de chenilles processionnaires au printemps, réduisant ainsi la fécondation et impactant les populations de chenilles processionnaires du pin. Le piège à phéromones doit être placé en hauteur, à environ 6 mètres pour optimiser l'efficacité. Il est également préconisé par l'INRA une densité de 1 piège tous les 25 mètres pour les alignements d'arbres ou 6 pièges pour 1 hectare pour les îlots de résineux. Les pièges doivent être posés au plus tard le 15 mai.

 

La lutte préventive par la prédation naturelle avec les mésanges, fortes consommatrices de chenilles. L’installation de nichoirs adaptés permet de concentrer la population de mésanges sur les zones à risques. Il faut privilégier les nichoirs à mésanges charbonnières, de type "boite aux lettres" à raison de 15 à 20 nichoirs par hectare sur la zone à protéger, selon l'INRA. Tous les nichoirs ne seront pas occupés. Le nettoyage des nichoirs (enlever l'ancien nid) doit être effectué à l'automne.

 

La lutte bioinsecticide par le Bacilus thuringiensis variété kurstaki, un micro-organisme s’attaquant aux chenilles. Une pulvérisation localisée sur les aiguilles de pin vertes, par un personnel habilité, permet de lutter contre le développement de la chenille processionnaire du pin. Il est utilisé sur des secteurs à forte infestation, à l’automne, sur les premiers stades larvaires.

 

La perturbation de la reproduction par la confusion sexuelle. Le principe est de saturer l'air en phéromones, de façon que le papillon mâle ne puisse pas trouver de femelle pour s'accoupler. Cette technique est récente et doit être portée sur une large surface de territoire pour être efficace. Les phéromones sont dispersés par des billes de paint-ball sur les supports arborescents de la zone à protéger. Les expérimentations de l'INRA montrent, pour optimiser l'efficacité, qu'il est nécessaire d'utiliser 300 à 400 billes par hectare ou 30 billes par arbre isolé.

 

Le détail des techniques de lutte est à retrouver dans le document de l'INRA: "Les clés pour lutter contre la processionnaire du pin" ci-dessous.

 

SIGNALEMENT DES NIDS DE CHENILLES URTICANTES DANS LE DEPARTEMENT DE LA MANCHE

Les mairies ou particuliers sont invités à signaler les nids de chenilles urticantes sur leur propriété. Ces signalements permettent d'identifier les secteurs infestés et mieux apprécier la problématique dans le département. Ils permettent également d'identifier les responsables des sites infestés et de pouvoir leur transférer quelques éléments de préconisations de lutte.

Seuls les signalements sur des secteurs encore indemnes doivent être impérativement réalisés. Cela concerne les communes littorales au Nord de GRANVILLE, et les communes non-littorales des Cantons de Ducey, Avranches, Sartilly, Granville, Bréhal.

 

Merci pour votre participation.

 

 

DOCUMENTATION :

Diaporama de la conférence de Jean-Claude MARTIN, Ingénieur de recherche de l'Unité Entomologie et Forêt Méditerranéenne de l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique), le 18 janvier 2018 à JULLOUVILLE :

2018inra jc martin jullouville journee technique 18 janvier 20182018inra jc martin jullouville journee technique 18 janvier 2018 (11.13 Mo)

 

Document "Les clés pour lutter contre la processionnaire du pin" de l'INRA :

Les cles de la lutte contre la chenille processionnaire du pin version decembre 2017Les cles de la lutte contre la chenille processionnaire du pin version decembre 2017 (4.59 Mo)

 

Lien vers le site internet de l'INRA : www.inra.fr

 

Lien vers le site internet de l'Unité de recherche UEFM de l'INRA et documents de l'INRA en téléchargement : www6.paca.inra.fr

 

 

 

La chenille processionnaire du pin

Tête noire, corps à dominante brun-noirâtre.

Longueur : 3 à 4cm en fin de développement.

Crédit photo : "INRA".

 

Son nid, ou cocon

Cocon soyeux blanc, présent principalement dans les branches de pins.

Crédit photo : "FDGDON 50".

 

 

Une présence dans le département de la Manche :

La chenille processionnaire du pin est présente en Normandie (principalement au Sud de la région).

Dans le département de la Manche, son aire de répartition confirmée sur l’hiver 2015/2016, s’étend sur la frange littorale de Beauvoir à Granville, ainsi que dans le Sud de l’Avranchin.

Sa colonisation progresse vers le Nord et l’Est.

 

 

 

 

 

 

Dans le but de faciliter la recherche d'un prestataire de lutte contre les chenilles processionnaires du pin, la FDGDON a initié la mise en place d'un annuaire de référencement d'entreprises, à retrouver ci-dessous :