Programme de techniques innovantes de protection des exploitations agricoles contre les étourneaux sansonnets dans la Manche

Le programme d'innovations

 

Les Services de l’Etat (DDTM et Préfecture), la FDGDON, les professionnels agricoles et d’autres partenaires se mobilisent pour chercher des solutions aux problèmes économiques, sanitaires et environnementaux, sociaux, causés par les étourneaux. Un comité de pilotage préfectoral a été constitué et a validé l’orientation stratégique de la recherche, l’étude de solutions par l’adaptation des pratiques agricoles, jusqu’à leur mise en application et leur suivi sur les exploitations concernées par la problématique.

 

Un plan d’études et d’innovation est donc proposé sur la période 2015/2017, suite à une étroite coopération d’acteurs, partenaires et experts. Deux objectifs principaux d’étude ont été retenus :

-Diminuer l’attrait des exploitations agricoles (rendre les ressources alimentaires moins accessibles aux étourneaux).

-Rendre l’environnement des exploitations hostile (perturbations, effarouchements…).

 

Le programme vise à rechercher des solutions innovantes permettant d’éviter les nuisances d’étourneaux sur les exploitations agricoles, allant jusqu’à l’adaptation des pratiques agricoles elles-mêmes. Les études visent à mieux cerner les incidences de ces changements de pratiques, sur le plan économique (production, quantité, qualité,…), tout en prenant en compte d’autres facteurs, notamment d’intérêt social et environnemental (organisation du travail de l’agriculteur…). Les protocoles visent à étudier de nouvelles techniques, de nouveaux outils et de trouver des méthodes d’utilisation qui permettent l’efficacité de la solution et leur transposition aux exploitations agricoles.

 

Le projet vise à identifier des leviers et gisements de progrès, par rapport aux pratiques « normales », et d’évaluer le rapport coût / bénéfice des différentes techniques (coût de l’adaptation par rapport au risque de préjudice lié aux étourneaux). Est donc recherchée, la mise en place de tests technico-économiques sur un échantillon d’exploitations agricoles.

 

Depuis 2014, le groupe de travail étourneaux, par approche méthodologique, a pu poser les problématiques et les objectifs à atteindre. Il a défini 3 axes de travail, faisant chacun l’objet d’une étude d’expérimentation et d’innovation :

-Agir sur les semis d’automne en parcelle (rendre la graine non-accessible en plein champs) : mesurer l’incidence agronomique d’un semis plus profond, avec l’expertise de la Chambre d’Agriculture (référencement variétal, analyses agronomiques…), la mise en place d’une protection contre les étourneaux et son suivi étant assurés par la FDGDON.

-Agir sur l’alimentation du bétail : mesurer l’incidence sur la production de lait (quantité et qualité) d’une adaptation de l’alimentation des bovins (ration, horaire de distribution…), avec l’expertise du Littoral Normand (contrôle laitier) et un suivi des étourneaux avec la FDGDON et les agriculteurs (base d’une vingtaine d’exploitations).

-Optimiser des techniques d’effarouchement : recherche d’outils, de combinaisons synergiques et de rotations de dispositifs pour prévenir l’accoutumance, avec l’expertise de la FDGDON, en étroite collaboration avec les exploitants agricoles, des chasseurs, un fauconnier (une douzaine d’exploitations en test).

 

Chaque étude fera l’objet d’un protocole établi conformément aux objectifs à atteindre et au cahier des charges défini par les membres du groupe de travail. Il sera fait appel à de nombreux partenaires techniques, scientifiques et locaux : le Littoral Normand, les Laiteries (Coop d’Isigny-Sainte-Mère…), la Fédération des Chasseurs, un fauconnier, sans oublier les agriculteurs de la zone d’étude et bien d’autres acteurs. L’intérêt est bien d’associer chaque compétence spécifique de chaque partenaire, pour faire ressortir l’expertise de chacun et des solutions d’ordre pluridisciplinaire (références technico-économiques, incidences sociales…). L’étroite collaboration des acteurs techniques et de terrain permettra de faciliter la prise en compte des études et des résultats auprès des professionnels agricoles.

 

L’objectif des études est de se doter d’outils innovants et transposables aux exploitations agricoles concernées par la problématique (soit une majorité dans le Cotentin). Il est fait le choix d’adapter les protocoles d’étude au plus près des besoins de terrain, notamment en prenant en compte les critères de production de la région de Baupte, zone la plus impactée. Cela va jusqu’au choix de variétés de blé utilisées localement, pour réaliser l’essai de semis profond, ou encore la définition d’un panel des plus exhaustifs pour l’étude sur l’alimentation des bovins, prenant en compte les différents systèmes d’alimentation présents dans le secteur.

 

Les résultats de ce programme seront mis à connaissance une fois connus.

 

Une coopération entre différents partenaires

 

Le projet est piloté en étroite collaboration par 3 partenaires :

 

-La FDGDON : Ce syndicat agricole bénéficie d’une grande expertise de la gestion d’espèces animales ou végétales qui portent atteinte à l’environnement, aux activités humaines (notamment agricoles et les productions végétales), ainsi qu’à la santé. C’est pour cela, qu’avec son réseau, elle a été reconnue Organisme à Vocation Sanitaire dans le domaine du Végétal par Arrêté Ministériel et se voit confier des missions d’intérêt général entrant dans son champs de compétences. En matière de gestion des étourneaux, elle pilote des actions depuis de nombreuses années, à la fois sur la connaissance de l’espèce (présence sur le territoire, comptages sur dortoirs), que sur les conseils et préconisations individuels aux agriculteurs. Elle s’est vue naturellement confier le pilotage du projet par le groupe de travail.

 

-La Chambre d’agriculture : De par ses missions d’innovation, expérimentation, et développement de l’agriculture dans le département, cet établissement public est un atout de poids dans l’étude. Elle met à disposition toutes ses compétences pour mener à bien ce projet, et participe directement, de par son expertise, aux protocoles agronomiques étudiés.

http://www.chambre-agriculture-50.fr/

 

-La FDSEA : Ce projet nécessite la participation (et même l’implication) des agriculteurs eux-mêmes. A travers son organisation, la FDSEA mobilise les agriculteurs, les fédère autour du projet. Ce rôle est essentiel : elle permet de développer les actions avec les professionnels directement concernés par la problématique des étourneaux.

https://www.fdsea50.fr/

 

Les 3 partenaires du projet, sont appuyés par les membres du « comité de pilotage préfectoral étourneaux » dirigé par le Préfet, du « groupe de travail étourneaux » spécifique au projet et dirigé par la DDTM, des partenaires techniques, scientifiques, locaux et des prestataires des études.

 

 

Un soutien financier de l'Union Européenne (FEADER) et de la Région Normandie

 

Ce programme bénéficie d'un soutien de l'Union Européenne (FEADER) et de la Région Normandie, à deux niveaux :

- Tout d'abord pour la réalisation du programme d'innovations dans le cadre de la mesure de coopération 16.2 du Plan de Développement Rural.

- Ensuite pour le transfert de connaissances dans le cadre de la mesure d'information et de démonstration 1.2 du Plan de Développement Rural.

 

La FDGDON, la Chambre d'Agriculture et la FDSEA remercient l'Union Européenne et la Région Normandie pour leur soutien.